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Ce projet est né d’un véritable accident. À une borne libre-service McDonald’s, le reçu s’est imprimé entièrement saturé d’encre rouge : le papier sortait presque noir et le texte sous-jacent était à peine lisible. Au lieu de le jeter, je l’ai gardé. La tache évoquait le sang, mais aussi le branding lui-même : le rouge appartient déjà à la grammaire du fast-food. Logos, ketchup, urgence, appétit : la couleur agit avant même l’arrivée d’un message. L’erreur d’impression a involontairement poussé ce langage jusqu’à sa limite, en retirant composition et hiérarchie jusqu’à ne laisser que la couleur. Et la couleur seule suffisait à produire quelque chose qui ressemblait à un dommage. Ou à une confession. L’affiche n’est pas une accusation. C’est un portrait de la complicité, construit avec les mêmes outils visuels que le système, retournés vers l’intérieur.




Le projet explore la consommation de masse, la surstimulation, la commodité et le travail dissimulé derrière le branding. Non pas comme une critique extérieure, mais depuis l’intérieur, en sachant pleinement comment le système fonctionne tout en continuant d’y participer. Parfois, une erreur d’impression en dit plus que le branding lui-même.